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Vous voulez louer un bien, mais hésitez entre location nue et meublée ? Il s’agit d’une décision importante, car ce choix a un impact direct sur la rentabilité de votre investissement. Réglementation, rendement, fiscalité et revente : voici l’essentiel à connaître pour faire le choix le plus adapté à votre situation.

L'essentiel :

  • Le bail d’une location nue dure en principe 3 ans minimum, contre 1 an en location meublée (9 mois pour un bail étudiant, 1 à 10 mois pour un bail mobilité).
  • Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges en location nue et à 2 mois en location meublée. Il est interdit en bail mobilité.
  • Les loyers d’une location nue relèvent des revenus fonciers (micro-foncier avec un abattement de 30 % jusqu’à 15 000 € de recettes), ceux d’une location meublée des BIC (micro-BIC avec un abattement de 50 % en location longue durée, ou régime réel avec déduction des amortissements).
  • Les prélèvements sociaux s’élèvent à 17,2 % sur les revenus fonciers et à 18,6 % sur les revenus des LMNP non soumis aux cotisations sociales.
  • Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits en LMNP au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value en cas de revente, sauf exceptions (résidences services notamment).
  • Après avoir imputé un déficit foncier sur votre revenu global, le logement doit en principe rester loué nu jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit, sous peine de remise en cause.

Location meublée ou nue : l’essentiel à connaître

Critères Location nue (vide) Location meublée
Durée du bail 3 ans minimum, renouvelable tacitement 1 an (9 mois en bail étudiant, 1 à 10 mois en bail mobilité)
Préavis du propriétaire 6 mois avant la fin du bail 3 mois avant la fin du bail
Préavis du locataire 3 mois (1 mois en zone tendue ou dans certains cas particuliers) 1 mois
Dépôt de garantie 1 mois de loyer hors charges maximum 2 mois de loyer hors charges maximum (aucun en bail mobilité)
Montant des loyers En général moins élevés, avec des locations souvent plus longues En général plus élevés, selon le bien et la demande locale
Régime fiscal Micro-foncier : abattement de 30 % jusqu’à 15 000 € de recettes
Régime réel : déduction des charges réelles
Micro-BIC : abattement de 50 % (30 % pour les meublés de tourisme non classés)
Régime réel : charges et amortissements
Statut du bailleur Propriétaire bailleur LMNP ou LMP
Prélèvements sociaux 17,2 % 18,6 % (LMNP non soumis aux cotisations sociales)

Location meublée et location nue : quelle est la réglementation ?

Durées de bail, préavis, dépôt de garantie

En location vide, le bail est de 3 ans minimum (sauf cas particulier). Il est renouvelable tacitement. Le préavis est de 6 mois pour le propriétaire et de 3 mois pour le locataire (réduit à 1 mois en zone tendue et dans certains cas particuliers). Le dépôt de garantie ne peut pas dépasser 1 mois de loyer hors charges.

En location meublée, il existe plusieurs types de baux d’habitation :

Le préavis du propriétaire est de 3 mois avant l’échéance, tandis que celui du locataire est d’1 mois. Le montant maximum du dépôt de garantie est de 2 mois de loyer hors charges pour un bail d’habitation (y compris un bail étudiant). Vous ne pouvez pas en demander pour un bail mobilité.

Bon à savoir :

Vous pouvez aussi faire de la location saisonnière en meublé. Dans ce cas, vous n’êtes pas soumis à la loi du 6 juillet 1989 sur les baux d’habitation. Le contrat est librement rédigé, mais doit préciser la durée du séjour, le prix et les conditions de location.

Quelles sont les obligations en location meublée ?

Pour qu’un logement soit considéré comme meublé, il doit être habitable immédiatement. Le locataire doit pouvoir y vivre avec uniquement ses effets personnels. La liste des équipements à fournir est fixée par le décret du 31 juillet 2015.

Le bailleur a aussi l’obligation de fournir au locataire :

  • un état des lieux à l’entrée et à la sortie ;
  • un inventaire détaillé du mobilier ;
  • un dossier de diagnostics techniques (DDT) : DPE, risques, plomb, amiante, etc. ;
  • un bail adapté à la location meublée.

Bon à savoir :

En location nue, vous devez aussi faire un état des lieux d’entrée et de sortie. Vous avez également l’obligation de remettre un DDT au locataire.

Comment fixer le loyer ?

En principe, vous êtes libre de fixer le loyer de votre location, qu’elle soit nue ou meublée.

Notez cependant que dans les communes classées en zone tendue, la hausse du loyer entre deux locataires est en principe encadrée. Dans les communes qui appliquent l’expérimentation de l’encadrement des loyers (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier, etc.), le loyer d’un bail d’habitation ou d’un bail mobilité ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté, sauf complément de loyer justifié. Cette expérimentation devait prendre fin en novembre 2026. Une proposition de loi visant à la prolonger de deux ans a été adoptée par le Sénat le 21 octobre 2026 et doit encore être définitivement adoptée.

La performance énergétique de votre bien entre aussi en jeu. Les logements classés F ou G au DPE ne peuvent pas voir leur loyer augmenter tant que des travaux d’amélioration n’ont pas été réalisés. Par ailleurs, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025. Cette interdiction est prévue pour les logements classés F au 1er janvier 2028, puis pour les logements classés E au 1er janvier 2034.

Bon à savoir :

La location meublée peut se révéler plus rentable, notamment parce que le type de bail (habitation, mobilité, meublé de tourisme…) permet d’adapter le loyer à la durée du séjour. Les règles d’encadrement restent toutefois applicables aux baux soumis à la loi du 6 juillet 1989.

Quelle fiscalité en location nue ou meublée ?

La fiscalité en location nue

Les revenus tirés d’une location vide sont considérés comme des revenus fonciers et soumis à l’impôt sur le revenu. Il existe deux régimes d’imposition :

  • le régime micro-foncier : il donne droit à un abattement forfaitaire de 30 % tant que le total des recettes annuelles ne dépasse pas 15 000 € ;
  • le régime réel : il s’applique automatiquement au-delà de 15 000 € de recettes, ou sur option. Avec ce régime, vous pouvez déduire certaines dépenses engagées pour la location (travaux d’entretien, intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion…). En revanche, les frais d’acquisition et les travaux de construction ou d’agrandissement ne sont pas déductibles, alors qu’ils peuvent en principe être amortis en location meublée.

En principe, l’amortissement du bien n’est pas possible en location nue. Depuis la loi de finances pour 2026, le dispositif Jeanbrun (aussi appelé statut du bailleur privé) ouvre toutefois cette possibilité, sous conditions strictes : logement neuf ou ancien rénové acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, loué nu à titre de résidence principale pendant au moins 9 ans, avec des plafonds de loyers et de ressources du locataire.

Bon à savoir :

Si les dépenses liées au logement (travaux, intérêts, charges…) dépassent les loyers que vous percevez, vous pouvez générer un déficit foncier. Ce déficit peut réduire votre revenu imposable global, en principe dans la limite de 10 700 € par an, ce qui diminue l’impôt que vous devez payer.

Attention toutefois : seules certaines dépenses sont déductibles, et la fraction du déficit qui provient des intérêts d’emprunt ne peut s’imputer que sur vos revenus fonciers des années suivantes.

La fiscalité en location meublée

Il existe deux régimes fiscaux en location meublée : le micro-BIC et le régime réel simplifié.

Le régime micro-BIC s’applique lorsque les recettes annuelles de la location meublée restent en dessous de certains plafonds. Ce régime prévoit un abattement forfaitaire sur vos recettes, sans possibilité de déduire d’autres charges ou amortissements. Il reste simple à gérer, mais il est souvent moins avantageux fiscalement si vos charges sont importantes.

Type de location meublée Plafond des recettes annuelles Abattement forfaitaire
Location meublée de longue durée, chambres d’hôtes, meublés de tourisme classés 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028
(77 700 € pour les revenus 2025)
50 %
Meublés de tourisme non classés 15 000 € 30 %

Le régime réel simplifié, quant à lui, permet d’optimiser sa fiscalité grâce à la déduction des charges réelles et des amortissements. Cela peut fortement réduire votre base imposable :

  • charges déductibles : entretien et réparations du logement, frais d’assurance, frais de gestion et de comptabilité, intérêts d’emprunt, cotisation foncière des entreprises (CFE), taxe foncière, charges courantes, etc. ;
  • amortissements déductibles : amortissement du bien immobilier (hors terrain), du mobilier et des équipements, des travaux de construction ou d’amélioration inscrits à l’actif.

Le régime réel simplifié permet souvent de réaliser des économies d’impôt importantes dès lors que les charges et amortissements cumulés dépassent l’abattement du micro-BIC (50 % ou 30 % des recettes annuelles).

En location meublée non professionnelle sans cotisations sociales, les revenus imposables sont soumis aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 %, conformément à la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Les revenus fonciers d’une location nue restent, eux, soumis au taux de 17,2 %.

Pour estimer ce que le régime réel pourrait vous faire économiser, vous pouvez utiliser notre simulateur :

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Bon à savoir :

Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements pratiqués dans le cadre d’une location meublée non professionnelle au régime réel doivent être réintégrés dans le calcul de la plus-value en cas de revente du bien. Les logements situés dans certaines résidences de services (résidences étudiantes, résidences seniors, EHPAD) font exception.

PLF 2027 : des changements en discussion

Le projet de loi de finances pour 2027, en cours d’examen au Parlement, propose de modifier les règles d’amortissement des LMNP au régime réel. Rien n’est voté à ce stade et le texte peut encore évoluer. Retrouvez le point à jour dans notre article LMNP 2027.

Comment choisir son régime d'imposition ?

Le régime micro (micro-foncier pour la location nue, micro-BIC pour la location meublée) reste intéressant si vos charges sont faibles et vos recettes modestes.

Le régime réel devient en général avantageux dès que vos charges (et vos amortissements en location meublée) représentent une part supérieure à l’abattement du régime micro (30 ou 50 %).

Il faut aussi savoir que le régime réel nécessite la tenue d’une comptabilité plus détaillée. Ce n’est pas forcément un frein, car ce régime peut vous permettre de réaliser une économie significative.

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Rendement et loyers : ce que disent les chiffres

Quels sont les loyers en location nue ou meublée ?

En général, un logement meublé se loue plus cher qu’un logement vide comparable. L’écart dépend de la typologie du bien, de sa localisation et de la demande locale. Il est souvent plus marqué pour les petites surfaces et les colocations en zones étudiantes.

Cet écart est toutefois à relativiser si votre bien se situe dans une commune où l’encadrement des loyers s’applique.

Quel est le rendement net-net en location vide et location meublée ?

Le rendement net-net correspond au revenu réel généré par un bien locatif après déduction de toutes les charges, taxes, frais de gestion, entretien, vacances locatives et, pour les meublés, renouvellement du mobilier. Il reflète le vrai retour sur investissement pour le propriétaire.

Le rendement d’une location meublée est souvent plus élevé que celui d’une location nue, grâce à des loyers en principe supérieurs et, au régime réel, à la déduction des amortissements. Toutefois, la rotation plus fréquente des locataires et le renouvellement du mobilier peuvent augmenter les coûts de gestion et le risque de vacance.

Voici quelques exemples chiffrés, donnés à titre indicatif et avant impôt :

Type de logement Loyer brut Charges et entretien Vacance locative Renouvellement du mobilier Revenu net avant impôt
Studio meublé (zone tendue) 600 €/mois 40 €/mois 20 €/mois 60 €/mois 480 €/mois
Studio vide (zone tendue) 540 €/mois 30 €/mois 10 €/mois Non concerné 500 €/mois
T2 meublé (ville moyenne) 850 €/mois 50 €/mois 30 €/mois 70 €/mois 700 €/mois
T2 vide (ville moyenne) 760 €/mois 40 €/mois 20 €/mois Non concerné 700 €/mois

Avant impôt, l’écart peut donc être faible. C’est souvent la fiscalité qui fait la différence, comme le montre l’exemple ci-dessous.

Exemple

Prenons le T2 du tableau, détenu par un propriétaire dont la tranche marginale d’imposition est de 30 %.

Loué nu au micro-foncier, il rapporte 9 120 € de loyers par an. Après l’abattement de 30 %, 6 384 € sont imposables. L’impôt atteint environ 3 013 € (1 915 € d’impôt sur le revenu et 1 098 € de prélèvements sociaux à 17,2 %).

Loué meublé au micro-BIC, il rapporte 10 200 € de loyers par an. Après l’abattement de 50 %, 5 100 € sont imposables. L’impôt atteint environ 2 479 € (1 530 € d’impôt sur le revenu et 949 € de prélèvements sociaux à 18,6 %).

Loué meublé au régime réel, avec 2 900 € de charges déductibles et 6 000 € d’amortissements, le résultat imposable tombe à 1 300 €. L’impôt atteint alors environ 632 €.

Ces montants dépendent de chaque situation et sont donnés à titre d’illustration. N’oubliez pas que les amortissements déduits seront, en principe, réintégrés dans le calcul de la plus-value en cas de revente.

N’oubliez pas que le DPE influence la revalorisation possible du loyer et l’attractivité du bien : un logement énergivore (F ou G) peut voir son rendement limité jusqu’à la réalisation de travaux.

Pour comparer plus précisément les deux options sur votre propre bien, vous pouvez utiliser notre calculatrice :

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Bon à savoir :

Bien choisir votre régime fiscal et votre statut (micro ou réel, revenus fonciers ou LMNP) peut améliorer sensiblement votre retour sur investissement.

Quels sont les inconvénients en location meublée et en location nue ?

Les risques à anticiper

Les principaux risques sont liés au renouvellement fréquent des locataires, à l’usure du logement et aux impayés.

Pour limiter ces risques, il est recommandé de :

  • faire des vérifications régulières dans le logement pour éviter les gros travaux imprévus ;
  • sélectionner rigoureusement vos locataires ;
  • proposer un logement fonctionnel et agréable à vivre ;
  • exiger une caution ou souscrire une garantie loyers impayés (GLI) ;
  • prévoir un dépôt de garantie (jusqu’à 2 mois pour une location meublée, hors bail mobilité).

Si vous louez un bien meublé, il est aussi recommandé de choisir des équipements robustes et économes en énergie pour limiter leur renouvellement.

Les contraintes à connaître

Nous vous avons déjà parlé de l’encadrement des loyers et des règles relatives aux logements énergivores.

En plus de ces contraintes, il faut prévoir :

  • le paiement de la cotisation foncière des entreprises (CFE) si vous faites de la location meublée ;
  • la souscription d’une assurance propriétaire non occupant (PNO) : elle est obligatoire en copropriété et fortement recommandée pour les logements individuels ;
  • vos obligations en matière de sécurité : vous devez réaliser un diagnostic électrique lorsque l’installation a plus de 15 ans. Pour les logements construits avant le 1er janvier 1949, il faut prévoir un constat de risque d’exposition au plomb (CREP).

Location nue ou meublée : comment gérer la revente de votre bien ?

Étape 1 : anticiper l'impact fiscal de cette vente

En cas de vente, la plus-value est en principe imposée à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un total de 36,2 %. Une taxe supplémentaire peut s’ajouter lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €.

Vous pouvez cependant bénéficier d’abattements progressifs selon la durée de détention du bien :

  • pour l’impôt sur le revenu, un abattement de 6 % par an s’applique de la 6ᵉ à la 21ᵉ année, puis de 4 % la 22ᵉ année, ce qui conduit à une exonération totale après 22 ans ;
  • pour les prélèvements sociaux, un abattement de 1,65 % par an s’applique de la 6ᵉ à la 21ᵉ année, de 1,60 % la 22ᵉ année et de 9 % par an de la 23ᵉ à la 30ᵉ année, ce qui conduit à une exonération totale après 30 ans.

Pour une location meublée, la règle est similaire, mais il faut prendre en compte les amortissements pratiqués pendant la location.

Comme indiqué plus haut, depuis la loi de finances pour 2025, ces amortissements sont réintégrés dans le calcul de la plus-value (sauf exceptions). Cela peut donc augmenter le montant sur lequel vous paierez l’impôt.

Étape 2 : optimiser la valeur du bien à la revente

Pour valoriser votre bien à la revente, vous pouvez :

  • améliorer le DPE du bien ;
  • mettre en avant un bon historique locatif : des loyers réguliers et un taux d’occupation élevé rassurent les acheteurs sur la rentabilité ;
  • vérifier la conformité des baux et des diagnostics ;
  • présenter des photos de qualité et un inventaire précis du mobilier afin de donner confiance aux acheteurs.

Dans quels cas privilégier le meublé ?

La location meublée est souvent avantageuse pour les biens à forte rotation ou destinés à des séjours courts. Elle convient en général si vous accueillez :

  • des étudiants ;
  • des jeunes actifs ou stagiaires en mobilité ;
  • des colocataires dans des zones tendues.

La location nue reste souvent plus adaptée pour des locations longues (au-delà de 2 ans), surtout pour des T3 ou plus dans des zones moins tendues. En cas de travaux importants, elle permet aussi de déduire d’éventuels déficits fonciers.

Comment passer du nu au meublé ?

Les formalités préalables

Si le bien est situé dans une copropriété, vous devez vérifier que le règlement autorise la location meublée.

Si vous faites de la location saisonnière, notez que certaines communes exigent une demande préalable de changement d’usage. Vous devez par ailleurs, en principe, déclarer votre meublé de tourisme en mairie, ou l’enregistrer lorsque la commune a mis en place une procédure d’enregistrement.

Bon à savoir :

Lorsque vous imputez un déficit foncier sur votre revenu global, le logement doit rester loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit cette imputation. L’administration fiscale assimile le passage en location meublée à une rupture de la location : l’imputation du déficit peut alors être remise en cause.

Il est donc en général conseillé d’attendre l’expiration de ce délai avant de passer en location meublée.

Les obligations en location meublée

Vous devez ensuite équiper le logement conformément au décret du 31 juillet 2015. Le logement doit comporter 11 éléments de mobilier obligatoires, parmi lesquels :

  • une literie comprenant une couette ou une couverture ;
  • un dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces destinées au sommeil ;
  • des plaques de cuisson, un four ou un four à micro-ondes, et un réfrigérateur avec compartiment de congélation ;
  • la vaisselle et les ustensiles de cuisine nécessaires ;
  • une table et des sièges, des étagères de rangement et des luminaires.

Vous devez ensuite déclarer le début de votre activité de location meublée sur le guichet unique de l’Inpi. Cette déclaration permet notamment d’opter pour le régime réel si vous le souhaitez. Il faut effectuer cette démarche dans les 15 jours suivant le début de l’activité (cela peut correspondre à la mise en location ou à la première dépense, comme l’acquisition du bien, lorsqu’il s’agit d’un investissement locatif).

Enfin, veillez à bien rédiger votre contrat de bail. Il doit correspondre à la situation du locataire : bail étudiant, bail mobilité ou bail d’habitation classique. N’oubliez pas d’y joindre l’état des lieux, l’inventaire et les diagnostics techniques obligatoires.

Et la location saisonnière ou de courte durée ?

La location saisonnière ou de courte durée (type Airbnb) peut permettre d’augmenter vos recettes locatives tout en conservant la possibilité d’occuper le logement ponctuellement.

Pour mettre votre bien en location courte durée, vous devez en principe :

  • effectuer une déclaration en mairie et, dans certaines communes, demander un changement d’usage ;
  • collecter et reverser la taxe de séjour ;
  • vérifier vos assurances, afin qu’elles couvrent bien la location de courte durée.

Si vous préférez des revenus réguliers et une gestion simplifiée, la location meublée longue durée peut être plus adaptée.

FAQ

1. Quelle est la différence juridique entre location nue et meublée ?

La location nue repose sur un bail d’habitation classique, en principe d’au moins trois ans. Le logement n’est pas équipé et les loyers relèvent des revenus fonciers. La location meublée suppose un logement comportant les 11 éléments de mobilier fixés par décret. Ses loyers relèvent des BIC et l’activité doit être déclarée sur le guichet unique de l’Inpi. (Source : legifrance.gouv.fr)

2. Quand choisir le micro-BIC ou le régime réel en LMNP ?

Le micro-BIC est en général intéressant lorsque vos charges et amortissements restent inférieurs à l’abattement forfaitaire (50 %, ou 30 % pour un meublé de tourisme non classé). Au-delà, le régime réel permet souvent de réduire davantage votre base imposable.

3. Les amortissements LMNP impactent-ils la plus-value à la revente ?

Oui. Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits pendant la période de location doivent être réintégrés dans le calcul de la plus-value, ce qui augmente la base imposable. Certaines résidences de services (résidences étudiantes, résidences seniors, EHPAD) font exception.

4. Peut-on amortir un logement loué nu ?

En principe, non. Depuis la loi de finances pour 2026, le dispositif Jeanbrun permet toutefois d’amortir un logement loué nu sous conditions strictes : logement neuf ou ancien rénové acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, loué à titre de résidence principale pendant au moins 9 ans, avec des plafonds de loyers et de ressources du locataire.

5. Puis-je transformer un bail nu en meublé et à quel moment ?

Oui, mais en principe à l’issue du bail en cours, ou avec l’accord du locataire. Si vous avez imputé un déficit foncier sur votre revenu global, le logement doit rester loué nu jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit cette imputation. À défaut, l’avantage fiscal peut être remis en cause. (Source : bofip.impots.gouv.fr)

6. Quel est l’impact de l’encadrement des loyers sur mon choix ?

Dans les communes qui appliquent l’encadrement des loyers (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier, etc.), le loyer d’un bail d’habitation ou d’un bail mobilité ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, que le logement soit loué nu ou meublé. L’écart de loyer entre les deux options peut donc être plus limité. Une prolongation de deux ans de ce dispositif, adoptée par le Sénat le 21 octobre 2026, doit encore être définitivement votée.

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